dimanche 14 septembre 2008

Bogota et Medelin

10 septembre

Le voyage fut assez court, 11 heures ! J'aime m'installer dans ces longueurs: lire, écrire, réfléchir. Je vis les transports comme des lieux de éditation, lorsque mon corps ne me rappelle pas l'absurdité d'être pendu dans le ciel dans un morceau de métal.
L'arrivée à Bogota est nuageuse. La ville se perd dans ses collines. Le soir nous transportons notre décalage dans la vieille ville, charmante malgré le froid saisissant. Quelques regards trahissent une consommation de farine qui est somme toute assez éloignée de celle que l'on utilise pour la pâtisserie.
Laurent et moi rejoignons rapidement le reste du band. Nous avons la conscience que notre vie dans ces rues est assez relative. Ceci dit, j'ai eu le même sentiment en arpentant les couloirs du métro parisien après minuit dans le quartier des Halles il y a quelques jours. Remercions l'insécurité qui nous permet de mesurer notre petitesse dans ce vaste monde.
Une chanteuse Française nous invite à dîner dans un club de Jazz. Un merveilleux mélange de drum and bass, free et chant blues réunit les musiciens. Joyeux bordel.
Le lieu est bruyant, enfumé, mais les gens qui nous accueillent dégagent une telle humanité que c'est un bonheur de se faire fumer tel un morceau de lard que l'on préparerait pour le saloir à l'entrée de l'hiver dans la campagne française il y a 50 ans.
Je me couche après quelques lignes de Dumas.

11 Septembre, Bogota

Le public est ravi. La sono déconne complètement. Je joue dans un espace ou je peux éviter d'entendre mes retours de scène, qui craquent, grésillent...Je suis surpris, le théâtre est plein et nous recevons une standing ovation de 1000 personnes...

12 septembre

Je me demande ce qui pousse l'esthétique militaire a mettre des tenues de camouflage en pleine ville. Je leur conseillerais du gris, voir du rouge lorsque les maisons sont en brique.
Je me demande d'ailleurs ce qu'ils font tous là, accrochés à leur mitraillette tels des enfants dans une cour de récréation qui auraient mal tourné.
Les filles, elles sont dans des habits si moulant que je crains une explosion de tissus, certaines sont charmantes, d'autre nous font découvrir leurs défauts au travers d'une mode inventée pour les mannequins...
La nature est belle, elle me fait penser aux peintures du Douanier Rousseau, explosion de verts et de lumière. Nous survolons actuellement une des trois cordillères qui traversent la Colombie. Je rêve d'habiter danss une de ces fermettes et de m'occuper de ma plantation de café, bien sûr...

13 Septembre Medelin

Je suis étonné, voir effrayé, lorsque j'entends que l'on essaie de forcer ma porte dans la nuit. La petite ville de Manizales m'inspirait confiance, l'hôtel aussi d'ailleurs.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'ai croisé au petit matin Marc dans l'ascenseur et qu'il m'a demandé si j'avais vu moi aussi les miroirs de la chambre bouger.
Marcello me confirme que nous avons vécu un tremblement de terre de force 5,2.
La nuit porte conseil.
La ville est tapie dans une cuvette. La nature est splendide, riche. Je pense n'avoir jamais rencontré une telle diversité de plantes.
Ici, c'est la silicone vallée. Une jeune femme sur deux se fait refaire les seins, et la chirurgie esthétique bat son plein. Les seigneurs de la drogue sont disséminés en centaines de petits gangs. Malgré ceci la ville affiche un visage très optimiste .
Nous vivons un concert merveilleux. Le public colombien connaît notre musique et le groupe joue de mieux en mieux.

LES PHOTOS DE L'ENREGISTREMENT