mardi 22 janvier 2008

Voyage en Inde

12 décembre 2007
Après un vol de 4 heures via Puney nous arrivons à Kolkhota. Je suis rapidement écoeuré par la mauvaise odeur qui caractérise la circulation dans la ville. J'ai à nouveau le sentiment d'être enfermé dans un garage où l'on fait des tests de pots d'échappement. Je suis triste et deçu de ne pas pouvoir fuir, en effet nous enregistrons le 14 décembre.

13 décembre
La ville se repose, nous découvrons des rues incroyables. Avec Malcolm, nous marchons dans des minuscules ruelles, on ne prête guère attention à notre apparence européenne, nous dégustons des thés, des gâteaux secs, je joue au flipper avec un flipper de fortune installé sur le trottoir. Kolkhota n'est pas que pollution, c'est aussi une ville qui a beaucoup de charme .... En fin de journée nous allons au cinéma, j'apprécie l'investissement de la salle qui commente et réagit aux actions les plus fortes. La nuit, la pénombre envahit les petites rues, quel luxe de ne pas être aveuglé par les lumières de l'Occident, j'ai encore en souvenir les pannes de lumière de Varanassi, les marches dans le noir sur les ghattes, le mystère de la vie nocturne. 14 décembreJe vais boire un thé et me laisse surprendre par la couleur et la forme parfaite de l'étron qui sort du fondement d'un homme allongé sur le trottoir, dans une position d'acrobate, il évite de se souiller le pantalon ... Ceci est presque un affront pour un freluquet occidental qui affronte régulièrement des problèmes de constipation. Décidément, L'Inde est un pays qui met en valeur les paradoxes de l'être humain ...

9 janvier 2008 Hyderabad
Le ciel bleu éclaire cette ville blanche, nous arrivons chargé d'espoir pour ce premier concert du projet indien ... Après Kolkhota j'ai le sentiment d'être en Europe, les voitures sont plus récentes, nous pouvons discerner la couleur du ciel et respirer sans avoir le sentiment que notre gorge est une extension d'un pot d'échappement ... le blanc des façades aime la lumière et je me réjouis de découvrir cette ville au caractère arabe. La réalité humaine rattrape vite le rêve lorsque notre chauffeur stoppe brusquement pour ne pas emboutir une voiture qui est en travers de la route, il baisse sa glace, et notre fou du volant sort de sa voiture, un grand classique finalement qui dépasse largement l'Inde. Son regard est halluciné, il hurle sur notre chauffeur et l'on pressent la bagarre, je me demande quel type de drogue il a pris, ce n'est en tout cas pas une drogue qui apaise et calme les passions. Malcolm tente de calmer le jeu avec des Om Shanckti, il ne parvient qu'à s'attirer les foudres de notre halluciné qui finalement remonte dans sa voiture le regard encore plus fou qu'auparavant, la connerie n'a décidément pas de frontières. Nous prenons possession de nos chambres, l'hôtel est luxueux et j'ai la mauvaise impression de quitter l'Inde, le luxe et le confort ont la faculté de gommer les aspérités, les odeurs, la vie et cela me confirme une fois de plus que le luxe, ce n'est pas le marbre, mais la richesse humaine, la vie, observer les gens qui se baignent dans le Gange dans un petit hôtel à Varanassi, prendre un thé avec un baba sur les ghattes, remonter le temps dans ce pays qui n'a pas d'âge, les taxis klaxonnent régulièrement des charrettes à bras, tirés par des hommes tel que l'on devait le faire il y a des millénaires, des hommes et des femmes lavent leur linge à la main près d'un internet-café, tandis qu'un cordonnier répare des chaussures à même le trottoir, un barbier rase un homme, un vendeur de cacahuètes marche avec une charge énorme sur sa tête, les femmes sont dignes et colorées, que d'imagination dans les couleurs, les femmes sont les peintres de l'Inde. Comble des hôtels de luxe : on ne peut pas ouvrir les fenêtres, pris dans une cage de verre, je fais partie des maîtres du monde, youpi ... vive les aquariums .... Le concert se déroule dans les jardins de l'hôtel, le soudcheck est fellinien : en effet un employé est chargé d'éloigner les invasions de moustiques à l'aide d'un tuyau qui crache une fumée énorme, le tout propulsé par un moteur dont le bruit est comparable a une tronçonneuse au sommet de sa rentabilité, de surcroît nous essuyons des problèmes de larsens constants et le piano est désaccordé, je regrette amèrement la présence de notre ingénieur du son Salvadore Dardano. Malgré ceci nous donnons notre premier concert du projet indien avec un grand succès et une très bonne vibration. Indrani chante merveilleusement bien et Apurba est un tablaiste hors pair. Quant à Malcolm il se moque du support sonore et il est prêt à détruire le peu de piano qui reste si la musique le demande.

10 janvier
En visitant cette ville, je prends conscience de la finesse de l'architecture arabe, les palais, les portes de la ville sont somptueuses, Octavio Paz dirait : "un incendie de lumière" ....

11 janvier Puney
Deuxième concert dans ce très bel endroit, le Schicha Café. J'ai le sentiment d'être à Istanbul, des tapis décorent le toit en Bambou, le lieu est vaste et tout comme à Istanbul le public parle pendant le concert, on peut sentir cette douce odeur de tabac à l'orange, ce qui ne nous facilite pas la tâche puisqu il n'y a qu'un clavinova et que le son n'est pas aisé. Cependant, dès le 2ème concert nous nous moquons de cette situation sonore on s'habitue à tout finalement) et nous malaxons et modelons cette musique à notre convenance et c'est un beau voyage. Il est temps que j'aille manger une banane, à très bientôt ...

19 janvier
L' enregistrement à Kolkhota fut laborieux, en effet l'ingénieur du son , par ailleurs très sympathique, était rapidement débordé. Le piano sonnait comme un vieux piano qui conviendrait plus à une interprétation de la musique de Monk qu'à la musique que nous avons trouvée. Malcolm a réussi à tirer des merveilles de ce piano de bar et Indrani a sublimé ces séances avec sa voix incroyable ...

21 janvier
Nous revenons des Sunderbans, le pays des tigres où les femmes s'habillent de noir car elles ne sont jamais sur de retrouver leur mari pêcheur ou apiculteur en fin de journée, en effet 372 tigres rodent et dégustent 3 hommes par mois en moyenne. En marchant sur les sentiers bucoliques du parc, nous croisons 2 pythons de 2 m de longueur minimum et d'un diamètre qui ferait pâlir tous les serpents européens .... Les habitations sont magnifiques, en terre lisse avec des cours intérieurs très entretenus, malheureusement Boto, notre chauffeur, est effrayé par ce monde mystérieux et il refuse tout contacte avec les habitants, ce qui a tendance à m'irriter. Le soir la nuit tombe assez rapidement, on s’éclaire à la bougie, on cuit sa nourriture au feu de bois et nous devons rebrousser chemin car il n y a pas d'hôtel .... Ce soir nous jouons dans une galerie d'art, très belle, acarprackar.com, et les peintures exposées me plaisent beaucoup. Bien sur l'accordeur arrive au moment du sound check, une vieille habitude qu'il a contracté lorsque nous étions en studio il y a quelques jours...

2 commentaires:

Yohann a dit…

Bonjour, aura on la chance de pouvoir ecouter quelques extraits ou morceaux de tout ces lives?

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LES PHOTOS DE L'ENREGISTREMENT