samedi 10 mars 2007

CARAVAN sur la chaine VOYAGE

Erik Trufaz a été interviewé pour l'émision CARAVAN (voir le post "De CARAVAN sur Planète à Istanbul sur le Bosphore") qui sera diffusée sur la chaine VOYAGE, disponible en france sur le cable et le satellite, le 16 mars à 21h50.

jeudi 8 mars 2007

The shins et Zakir Hussain et Mathieu Ricard ...

2 Mars Le villard hautecourt , Savoie

La montagne gronde au loin , en effet les pisteurs declanchent les avalanches ,
cela me semble une bonne raison de plus pour ne pas se retrouver au milieu du troupeau qui profitent des plaisirs du ski lors des vacances scolaires.

Erik en montagne coiffé d une toque achetée à Arkangelsk en 1993 .... (Photo by Nina Truffaz)


J'ai decouvert un groupe rock tres interressant the shins , la musique est belle et fraiche , alors que j'écris j'écoute Making Music de Zakir Hussain co Ecm , musique pure et limpide , Chaurasia , Garbarec , Mc Laughin ...
ensuite je conseille vivement la lecture des entretiens entre Mathieu Ricard moine Thibetain et son pere Jean François Revel.

enfin j apprends ce matin, sur France Culture que les autorités chinoises soignent la reproduction des pendas , après leur avoir proposé des films pornos pour panda ils ont optés pour l' inscimination artificielle ...
Le resultat est spectaculaire et on a organisé une grande fete pour baptiser les petits pendats ..
J'adore les pendas mais je me demande si les autorités chinoises ne soignent pas mieux les pandas que les thibetains .....
enfin tout ceci n'est que conseil , difficile de s'exprimer sans avoir le sentiment d etre un donneur de leçons ...

Istanbul et Belgrade

23 02 07 Istanbul 12h

Le froid reprend ses pleins droits sur l’hiver , nous faisons une séance de photo pour le nouvel album, cet exercice nous amène a des situations cocasses , je me retrouve assis a coté d’un gros moustachu au nez écrasé par un combat de boxe qui fume le narguilé , ou nous nous retrouvons à sauter tous les 4 , de concert en plein milieu du marché ..


Le soir, nous avons très envie de jouer, mais le public qui est nombreux couvre presque la musique en parlant ...après le concert je fuis la musique house .... ,



24 02 07 Belgrade


Nous arrivons à l’hôtel avec du retard , Marc a oublié son passeport et nous avons attendu 45mn a l’aéroport , il passe avec sa carte d identité moyennant quelques menus monnaie ....


Le vent est très froid , des milliers de CRS harnachés tel des robocops surveillent le stade de foot , en effet 2 équipes locales s’affrontent ,et un débordement est très vite arrivé ...


26 02 07



Je dois aller remettre du bois dans mon feu avant qu’il ne s éteigne ...le froid d’Istanbul nous poursuit ....

samedi 24 février 2007

ARKHENGELSK - Acheter le Cd ou des places de concert online

Pour acheter le nouveau CD ou réserver des places pour la tournée qui se prépare, c'est ici : Vers la boutique EMI

et pour mieux vous connaitre ce sera plutôt ici : Vers la newsletter .
Biloque

De Caravan sur Planète à Istanbul sur le Bosphore

15 Février

Après une visite d’une équipe de télévision dont le leader est Patrice Blanc Franquart , homme fin et cultivé , nous partons a la chasse au taureaux avec Mounir . Mounir est passionné d’animaux et je suis toujours étonné de son âme de chasseur d’images.IL franchit la clôture et s’approche à une distance tout a fait inconvenable de ces énormes bêtes à corne ...


Le tournage de l’émission s est déroulé dans une ambiance sereine , une partie de la maison s’est écroulée , un preneur de son s’est cassé la jambe et nous avons réussi à improviser un chouette duo avec Mounir.
L émission s’appelle Caravan , elle passe sur planète ...

En fin de soirée Saloua peint les mains de mes filles ....



22 février Istanbul


Avec 2 boules Quiès et un peu d’imagination j’échappe au sound check de la batterie de Marc Erbetta , en effet un ouragan de son de peau envahit la salle et je n’ai qu une envie , fuir... quelques larsens couronnent le tout et m’achèvent. Je meurs ! vite de l’aide , de l’oxygène , mes cellules s’entrechoquent et j’aimerais que le neurochirurgien avec qui j’ai longuement parlé dans l’avion me vienne en aide ....


Istanbul reine des villes, entre l’occident et l’Asie , le chant du muezzin la journée , les clubs le soir , et le Bosphore qui se jette dans la mer et nous invite au voyage.

Bon c’est mon tour de faire ce fichu sound check, je chasse mes pamirs et descend dans l’arène.

dimanche 18 février 2007

Pour en savoir plus sur Arkhangelsk

Les liens vidéos :
La Blogothèque

le making off

et des extraits musicaux sur Myspace.

Ce que je peux dire d'Arkhangelsk

Arkhangelsk est une ville russe située à 900 Kms au nord de Moscou, au bord de la mer Blanche. Les hivers y sont très froids. Il gèle là-bas à terre fendre. Le sol se contracte, se déchire,craquèle, s'éventre, gonfle, se détend...Et les anciennes bâtisses en bois naviguent là-dessus, toutes de guingois. Nous avons joué plusieurs fois dans cette ville.
Un matin, après avoir passé la nuit dans un club au 3ème étage d'un immeuble de la banlieue, nous sommes sortis reprendre l'air et, stupéfaits, hallucinés, nous avons découvert un décor de bande dessinée avec des maisons de travers à perte de vue ! Tout un paysage comme secoué par la nuit qu'il venait de traverser. La première réaction fut de se demander si nous n'étions pas nous mêmes un peu secoués après quelques vodkas. Mais nous nous rendîmes à l'évidence de cette vision étrange.
Ensuite, c'est entre deux séances d'enregistrement de ce CD que j'ai découvert, au musée de l'art brut de Lausanne, les oeuvres de l'anarchitecte Richard Greaves, et ce, grâce au travail du photographe Mario del Curto. Greaves vit à 2 heures de Québec dans la forêt immense. Ses cabanes défient les lois de la pesanteur. Construites sans instruments de mesure et aujourd'hui sans vis ni clous, avec des matériaux de récupération assemblés uniquement par des cordes de Nylon, elles semblent défier les lois de l'équilibre.
Notre musique est pareille à ces constructions chimériques. Petits riens sonores nés du chaos et liés par un fil invisible,elle nous transporte aussi au-delà de ce que nous voyons.
Je me demande encore si Richard Greaves n'est pas passé aussi par cette ville au bord de la mer Blanche, un beau matin de froidure, après une tempête nocturne de bois et de fracas d'étoiles.Pour construire en ses yeux ce rêve éveillé.

Erik Truffaz / Joël Bastard

English Version

Arkhangelsk is a Russian city located 900 km north of Moscow, by the White sea. Winters there are very cold. The frosts over there are earth splitting. The ground contracts, tears, cracks, disembowels, swells, relaxes... And the old wooden buildings float on this, all askew. We have played several times in this city.
One morning, after spending the night in a club on the 3rd floor of a surburbian building, we went out to get some fresh air and, amazed, stunned, we discovered a comic-book scene, with crooked houses as far as the eye could see! A whole landscape as though shaken by the night that it had just been through. The first reaction was to wonder whether we were not ourselves a little shaken after a few vodkas. But we surrendered to the reality of this strange vision.
Then, it was between two recording sessions for this CD that I discovered, at the museum of art brut of Lausanne, the works of anarchitect Richard Greaves, and this, thanks to the work of photographer Mario del Curto.
Greaves lives 2 hours away from Quebec in a huge forest. His huts defy the laws of gravity. Built without measuring instruments and today without screws nor nails, with salvaged materials assembled only by nylon ropes, they seem to defy the laws of balance.
Our music is similar to these wild buildings. Little things of sound born out of chaos and bound by an invisible cord, it also takes us beyond what we see.
I still wonder whether Richard Greaves did not also pass through this city on the edge of the White sea, one beautiful cold morning, after a night storm of wood and star crashes. To build this daydream in his own eyes.

Erik Truffaz / Joël Bastard ( traduction : by David Monnier )

mardi 13 février 2007

Les photos de l'enregistrement de ARKHANGELSK

ARKHANGELSK - Le nouvel Opus d'Erik Truffaz

ERIK TRUFFAZ QUARTET
« ARKHANGELSK »

Sortie: 12 Mars 2007


De la trompette à la voix, il n’y a qu’une mince cloison. Mais elle est essentielle. Arkhangelsk, dernier opus d’Erik Truffaz aborde une dimension encore peu défrichée par le trompettiste et son groupe, celle du chant. La voix humaine, une nouvelle étape ? Pas tout à fait, mais quand même une avancée considérable. L’exploration de terres nouvelles qui correspond à un mouvement initié au fond depuis longtemps. Et c’est un pas immense car la musique elle-même s’en trouve transformée, sollicitée qu’elle est ainsi par des défis d’un autre ordre. Certes, il ne manque pas de trompettistes chanteurs dans l’histoire du jazz, de Louis Armstrong à Chet Baker. Mais Erik Truffaz avoue d’emblée un petit faible pour ce dernier : « Chet Baker est un des chanteurs que je préfère pour le style ». On a parfois moqué la « voix de gonzesse » du trompettiste américain. Cette suspension fragile où passe tant d’émotion fait en tout cas l’unanimité au sein du groupe. Alors, rien de surprenant au fond si parmi les surprises de ce nouvel album, on découvre sur plusieurs morceaux la présence du chanteur britannique Ed Harcourt ainsi que de Christophe. Sans parler bien sûr du rappeur Nya, qui pose depuis maintenant longtemps ses mots scandés sur la musique du quartet.
On a bien écrit « quartet », car il s’agit bel et bien ici de musique de groupe, les compositions étant pour la plupart collectives. D’ailleurs, jamais encore Erik Truffaz et ses compagnons de jeu Marcello Giuliani, Patrick Müller et Marc Erbetta n’avaient atteint une telle cohésion. Et le fait de se lancer un défi en accueillant des chanteurs n’est sans doute pas pour rien dans cette capacité à façonner ensemble un son commun qui donne un tel sentiment d’unité. Ce n’est pas non plus un hasard s’il s’agit incontestablement de l’album le plus ouvertement pop de ce groupe. « I swallow your soul into the red cloud », chante Ed Harcourt sur Red Cloud, le second titre du disque, entraînant à sa suite l’auditeur dans une tempête de neige qu’envahit une brume envoûtante aux accents épiques.
Arkhangelsk est un de ces disques que l’on continue d’écouter. Un disque qui persiste même quand la musique s’arrête ; un disque obsédant. Cela tient beaucoup à la dimension atmosphérique omniprésente dans la plupart des compositions. Une musique qui s’étire, s’étend pour flotter dans l’espace avec ces nappes de trompettes qui évoquent par moments de grands nuages aplanis fuyant dans le ciel. Une musique rêveuse, mentale, non exempte cependant d’une vraie dynamique et même d’une certaine tension. Sans doute la présence de la voix a-t-elle accentué dans les compositions une dimension dramatique plus soulignée que dans les enregistrements précédents. « On s’est beaucoup interrogé sur la façon d’intégrer ces voix au son du groupe, reconnaît Marcello Giuliani. On avait quand même déjà joué en concert avec Christophe, mais là c’était une autre étape. L’enregistrement s’est fait en plusieurs temps. On avait déjà la musique qu’on lui a fait écouter. Il a alors commencé à improviser à l’harmonica puis en yaourt. Très vite, il nous a dit qu’il avait plein de textes dans son ordinateur portable. Dès qu’il a commencé à chanter ses propres mots en trouvant la mélodie ça a démarré, la chanson était lancée. » Ainsi est né « L’un dans l’autre », une belle rencontre entre la voix de Christophe et la musique concoctée par Truffaz et ses amis. Comme cette ouverture, par exemple, qui évoque fugitivement la wah wah de Jimi Hendrix et d’emblée installe une syncope, un rythme en suspension, créant l’espace indispensable pour permettre à la voix de s’épanouir. Quant à Ed Harcourt, il avait déjà chanté avec Truffaz lors d’un hommage à Chet Baker au New Morning. « Dans un morceau, la présence d’un chanteur en fait aussitôt un leader mélodique, mais il fallait impérativement que cela soit en phase avec le son du groupe », analyse le trompettiste. Tout s’organise de ce fait en fonction du chant, sans que pour autant la musique se cantonne au rôle d’accompagnement. Et c’est bien là que réside pour une bonne part la réussite de cet album. En ce sens, on peut parler de rencontre et aussi de la part des musiciens de la réalisation d’un vieux rêve, une envie qui les travaillait depuis longtemps. « Pour nous quatre, c’est une espèce d’accomplissement, souligne Erik Truffaz. Dans le groupe, on aime tous vraiment la voix humaine. Et en ce qui me concerne si je savais chanter comme Ed Harcourt, je préférerais ça à jouer de la trompette. » À quoi surenchérit Marcello Giuliani : « On a tous rêvé d’être chanteurs. On vient de là. On vient des chanteurs. Je suis un fan absolu des Beach Boys, par exemple, et ce qui me plaît avant tout dans le jeu de trompette de Chet Baker, c’est qu’il est proche de la voix. Pareil pour Miles. »
Mais l’album est aussi pour une bonne part composé de morceaux purement instrumentaux, tel ce Miss Kaba placé en ouverture qui sur un tapis rythmique très dense, installe l’ambiance d’entrée de jeu. Un son prenant, tenu, mais qui respire créant un mélange subtil, quelque part entre ciel et terre, et dans lequel on peut voir la tonalité d’ensemble du disque. Autrement dit, la cohérence de cette musique, sa capacité à articuler le vocal et l’instrumental est parfaitement maîtrisée. Du coup, quand la voix intervient c’est presque comme si on y était préparé.

Le nom de cet album, « Arkhangelsk » le cinquième d’Erik Truffaz et de son groupe évoque le grand nord, la neige, le froid et la nuit polaire. Arkhangelsk, ce mot contient déjà en soi toute une poésie. On n’intitule pas innocemment un disque, pas plus qu’une composition. « C’est une ville qui se situe au-delà du cercle polaire au nord de la Russie au bord de la mer Blanche. Nous y avons joué dans le cadre d’une tournée, raconte Marcello Giuliani. C’est vraiment un autre monde avec ses petites maisons toutes de travers aux toits en pentes. On se croirait dans un décor de bande dessinée. Youri, un ami d’Erik, vit là-bas et je n’oublierai jamais cette jam-session qu’on a faite un soir avec beaucoup de bouteilles de vodka. Quand on est sortis du club à trois heures et demie du matin, il faisait jour et l’on a découvert ces petites maisons bizarres qui se déployaient sous nos yeux à perte de vue. On aurait dit une hallucination, mais tout cela était bien réel. » Curieusement quelque mois plus tard, ils découvriront l’œuvre du plasticien Richard Greaves dans une exposition au musée de l’art brut de Lausanne, dont les maisons bizarres comme secouées par un tremblement de terre ressemblaient curieusement à celles d’Arkhangelsk. Ce qui évoque pour Erik Truffaz la genèse d’un morceau, ce passage obligé dans le travail à plusieurs quand le groupe compose à partir d’improvisations où rien n’a encore vraiment trouvé sa forme définitive, les contours sont flous indéfinis, en gestation. « L’idée que du chaos naît peu à peu une structure est très importante dans notre musique. On commence bien souvent par improviser dans le plus grand désordre et c’est de là que surgissent les formes. C’est comme ça qu’on a introduit de nouveaux instruments comme l’orgue Hammond B-3 qu’on n’utilisait pas dans les disques précédents ou qu’on a travaillé beaucoup les percussions en utilisant toutes sortes d’objets, comme des poubelles par exemple. Je pense qu’une des originalités de cet album tient beaucoup à ce travail sur les percussions. Sachant que ce qui compte n’est pas tant de faire tel ou tel truc, mais qu’à l’arrivée cela ait du caractère. »

LES PHOTOS DE L'ENREGISTREMENT